Mariage & Billet d’humeur
OMG! Je suis 28ème mondial WPJA
Quand j'ai démarré...
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J’ai démarré la photographie professionnelle en 2019, à Périgueux. Très vite, je me suis plongé dans le mariage. J’ai découvert un monde parfois kitsch, parfois décrié, mais résolument immense et passionnant, un univers à part, qui ne laisse pas indifférent. Parce qu’un mariage, ce n’est pas juste des photos, c’est une journée entière, dense, vivante, imprévisible.
Assez rapidement, une question s’est imposée. Quelle approche je veux proposer, quelle façon de raconter une histoire comme celle-là, quelle place je prends avec mes mariés le jour même. Est-ce que je les positionne, est-ce que j’interviens, ou est-ce que je laisse faire. Je me suis retrouvé pile à cet endroit-là, entre le besoin de maîtriser et l’envie de laisser vivre.
Et puis un jour, je tombe sur le travail du concours Fearless Photographers. Et là, claque. Une vraie.
Des images brutes, vivantes, pas posées, pas lissées, pas kitsch. Juste la vie, telle qu’elle se déroule, sans intervention extérieure, sans mise en scène. Et d’un coup, tout s’aligne.
Parce qu’en réalité, elle est déjà sacrément belle, cette vie. Pas besoin d’en rajouter. L’émotion est déjà là, partout. Dans les regards, dans les gestes, dans les silences, dans les débordements, dans tout ce qui ne se prévoit pas et qu’on ne peut pas recréer.
Une approche reportage exigeante
The rules
Cette approche, sur le papier, paraît simple. Laisser faire, observer, composer. Mais dans la réalité, elle demande beaucoup plus.
Parce que tu ne peux pas diriger. Tu ne peux pas demander à quelqu’un de refaire. Tu ne peux pas ralentir une scène ou la contrôler. Tout se joue en temps réel, sans filet. Tu dois être là, vraiment là, attentif à ce qui se passe, aux micro-détails, aux regards, aux gestes. Anticiper sans interrompre, observer sans influencer, avoir un œil partout.
Et au milieu de tout ça, il y a tout ce que tu ne maîtrises pas : Les regards furtifs de vos proches, les larmes essuyées trop vite, un crie de joie aussi rapide que puissant. Un bouquet tenu un peu trop haut qui vient cacher la moitié d’un visage. Tous ces petits éléments qui viennent perturber une scène et qui font aussi partie de la réalité d’un mariage.
Et malgré tout ça, accepter aussi de rater. Parce que tout va vite, parce que tout est vivant, et que rien ne t’attend. (Mais qu'est ce que c'est frustrant ! ).
C’est justement pour ça que les concours comme la Wedding Photojournalist Association sont aussi exigeants. Parce qu’ils ne récompensent pas une image “propre”. Ils récompensent une image juste. Une image qui tient malgré tout ça. Malgré le chaos, malgré les imprévus, malgré tout ce qui échappe.
Mon entrée dans les concours WPJA
Se confronter au réel
C’est dans cette logique que je me suis mis à participer aux concours de la Wedding Photojournalist Association. Je n’ai pas osé me frotter directement à Fearless Photographers. C’était un cap un peu trop haut à ce moment-là. J’avais besoin d’y aller progressivement, de me confronter sans me brûler les ailes. La WPJA s’est imposée comme une première étape évidente, en cohérence avec ma manière de photographier.
Le fonctionnement est assez simple sur le papier : le concours se déroule par trimestre, et à chaque session, on envoie une sélection d’une dizaine d’images. Elles sont d’abord triées par les membres de l’association, puis jugées par un jury de photojournalistes. Chaque image peut être validée par un à quatre juges, ce qui donne un nombre de points différent selon son impact. Une image sélectionnée par les quatre juges reçoit une médaille d’or et rapporte 100 points, trois juges donnent 45 points, deux juges 22 points, et une sélection plus discrète donne une mention honorifique. C’est un système simple, mais redoutable, parce qu’il ne laisse aucune place au hasard : soit l’image tient, soit elle ne tient pas.
J’ai commencé à participer fin 2024, un peu en test, puis je m’y suis mis plus sérieusement en 2025. L’idée n’était pas de “gagner”, mais de me challenger. Voir ce que mon travail raconte aux yeux de photographes aguerris, sortir de mon propre regard, me confronter à quelque chose de plus exigeant. Mais aussi me stimuler personnellement, aller chercher des images, être dans une démarche active, chercher de nouvelles compositions, de nouvelles situations, pousser plus loin ce que je fais déjà sur le terrain.
Et cette année, le résultat tombe :
446 points et une 28ème place mondiale.
Oui, ça fait quelque chose. :')
Ça me permet aussi d’intégrer le Top 50 WPJA, avec ce petit badge que tu vois en couverture qui, au-delà de l’image, vient valider tout le chemin parcouru. Une vraie consécration pour mon travail. Quand je repense au photographe que j’étais en 2019, je crois qu’il n’aurait jamais imaginé ça possible.
Et maintenant ?
To be continued
Ce classement, ce n’est pas une fin. C’est un repère. Une confirmation que cette manière de travailler, centrée sur le réel et les moments non rejoués, a du sens.
Au fond, rien ne change vraiment. Je continue à me former, à chercher, à me placer au bon endroit au bon moment. Tout cela pour raconter des histoires qui marquent. Les vôtres.
Et dans cette continuité, j’ai aussi envie d’aller encore plus loin dans cette démarche, en me confrontant à d’autres regards, d’autres exigences. Le prochain cap, c’est This is Reportage, concours qui met encore davantage l’accent sur le storytelling, sur l’art de raconter des histoires.
Enfin, si tu es en train de préparer ton mariage, la vraie question n’est pas de savoir si je suis 28ème mondial. La vraie question, c’est de savoir si ce regard-là te parle, si tu as envie de te reconnaître dans tes photos et de revivre ta journée telle qu’elle s’est réellement passée. Si c’est le cas, alors on a déjà un point commun, et ça vaut le coup d’en discuter.










